Comment vivre avec une personne atteinte d'Alzheimer
La confusion et le sentiment d'être déboussolé provoqués par la maladie d'Alzheimer peut rendre difficile le maintien d'un comportement stable. La maladie d'Alzheimer peut provoquer des comportements inapropriés dans un contexte social ou donner l'impression d'être perdu dans sa propre maison. Les malades d'Alzheimer peuvent alors devenir dans une certaine mesure un danger pour eux-mêmes et pour les autres.
Les malades d'Alzheimer peuvent connaître un grand nombre de troubles du comportement comme le fait de déambuler sans but précis, se mettre à fouiller un peu partout ou cacher des choses, devenir agressif, avoir des hallucinations ou être paranoïaque, avoir des troubles de l'alimentation ou des troubles du sommeil.
La plupart de ces problèmes posent de sérieuses difficultés pour les personnes qui vivent avec les personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer et qui essaient de les soigner. Pour gérer au mieux ces changements de comportement, il faudra donc que la personne qui vit avec un malade d'Alzheimer apporte des changements à l'environnement de la maison et adopte un système de communication adapté.
Conseils pour gérer l'errance et la déambulation causées par Alzheimer
Déambuler sans arrêt dans la maison peut être une situation irritante pour une personne vivant avec une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer. Dans ce cas, il faut que vous arriviez à ajuster votre niveau d'anxieté face à l'errance du malade. Dans le même temps, l'errance peut parfois être dangereuse et certains endroits de la maison doivent être surveillés ou protégés, en particulier les escaliers, les fenêtres, ou les portes de sortie.
Vous pouvez limiter les dangers de la déambulation en installant des dispositifs de sécurité pour enfants qui sont aussi efficaces pour les adultes. Pour éviter que le malade n'essaie de s'enfuir ou de quitter la maison, vous pouvez également cacher des objets personnels du malade sans lesquels il ne sort jamais, comme le porte-monnaie, les lunettes ou les chaussures. Ces exemples peuvent certes prêter à sourire, mais ils fonctionnent.
Les deux signes avant-coureurs de l'errance chez les malades d'Alzheimer sont la perte de l'orientation et l'agitation. Guider les malades dans leur comportement, les distraire, leur donner des repères et les encourager à faire de l'exercice physique permettent de réduire les conséquences de l'errance et de la déambulation. Voici quelques conseils pour guider un malade qui se met à errer dans la maison:
- Réorienter immédiatement un comportement agité dans une activité productive ou un comportement déambulatoire dans une activité qui serve à quelque chose.
- Assurez-vous que la personne atteinte de la maladie d'Azheimer continue de faire du sport et que son corps reste en mouvement. Vous pouvez par exemple vous promener avec elle dans les longues allées des magasins pour continuer de la stimuler.
- Assurez-vous que la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer continue d'avoir des activités quotidiennes qui soient productives. Cela peuvent être des choses aussi simples que plier le linge ou laver les légumes pour le dîner.
- Rassurez le malade si il donne l'impression d'être déboussoler ou d'avoir perdu son orientation.
- Si le malade d'Alzheimer a tendance à déambuler et à errer aux mêmes heures de la journée, trouvez-lui des occupations pour ce moment là.
- Réduisez les bruits et les élements de son environnement qui peuvent créer de la confusion, ils peuvent troubler le malade d'Alzheimer.
- La perte d'orientation chez les personnnes atteintes de la maladie d'Alzheimer peut être la conséquence des effets secondaires de certains de ses médicaments. Si le fait que la personne soit désorientée devient un problème, consultez son médecin. Si vous faites déménager le patient dans un nouvel environnement, vous pouvez réduire la désorientation en allant visiter son futur lieu de vie plusieurs fois avant qu'il ne s'y installe.
Conseils si le malade a tendance à fouiller ou cacher des objets
Fouiller ou cacher des choses fait partie des comportements que l'on retrouve souvent chez les malades atteints d'Alzheimer. Faire face à ces comportements n'est pas insurmontable, voici quelques conseils pour vivre avec une personne souffrant d'Alzheimer qui a tendance à fouiller ou cacher des objets.
Protégez vos objets
N'hésitez pas à fermer à clé certaines pièces de la maison. Si des objets disparaissent, apprenez à identifier les cachettes préférées du patient et aller y regarder en priorité. Protégez l'accès aux poubelles et vérifiez leur contenu avant de les jeter au cas où des objets pourraient y être cachés.
Protéger les malades d'Alzheimer de se blesser eux-mêmes
Bloquez l'accès aux produits dangereux comme les produits d'entretien, l'alcool ou les médicaments. Les patients souffrant de démence on parfois tendance à vouloir boire au delà du raisonnable. Empêchez les accidents électriques en protégeant les prises avec les mêmes protections que pour les enfants. Il peut aussi se révéler utile de laisser une commode en accès "libre" rempli d'objets divers pour que le patient atteint de la maladie d'Alzheimer puisse aller y fouiller sans danger lorsqu'il en a envie ou qu'il s'ennuie.
Conseils pour gérer l'agressivité et l'agitation chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer
Voici quelques conseils pour gérer l'agressivité chez les malades d'Alzheimer. Ces conseils ne sont pas liés entre eux et chacun d'entre eux doit être appliqué en fonction de la situation de colère ou d'agitation du patient souffrant d'Alzheimer.
- N'essayez pas de raisonner la personne en face de vous. Les personnes atteintes de démence n'ont pas conscience de leur propre comportement et peuvent difficilement apprendre à contrôler un comportement déplacé ou très agité.
- N'initiez pas un contact physique pendant le moment de colère du patient. Bien souvent, le contact physique peut provoquer une violence physique de la part du patient.
- Laissez la personne seule avec elle-même pour laisser sa colère sortir et dirigez-vous tranquillement vers la sortie de la pièce.
- Orientez la personne vers un sujet de conversation agréable ou vers une activité qu'il aime pratiquer.
- Identifiez les événements déclencheurs et les causes d'un épisode agressif chez le malade d'Alzheimer. Analysez par exemple des facteurs comme l'ennui, la douleur ou la fatigue. Evitez les sujets ou les activités qui semblent énerver ou mettre en colère le malade. Vous pouvez par exemple tenir un journal des épisodes de colère pour mieux identifier ce qui peut en être la cause. Si le malade se met en colère lorsque ses tâches quotidiennes sont trop difficiles pour lui, divisez ces tâches en tâches plus petites.
- Minimisez les facteurs de stress ou d'agitation (changements ou nouveautés dans la façon de vivre).
- Restez calme, ne cédez pas à votre propre énervement. Vous mettre en colère pourrait encourager le patient souffrant de la maladie d'Alzheimer dans sa colère, son comportement agressif ou son agitation.
- Demandez de l'aide pendant les activités qui peuvent susciter de la colère ou de l'énervement chez le patient.
Conseils pour gérer les hallucinations et la paranoia chez les malades d'Alzheimer
Les hallucinations peuvent être le résultat de sens qui sont moins performant que par le passé. Limitez le nombre d'objets dans l'environnement du patient qui peuvent être pris pour d'autres choses que ce qu'ils sont, comme du papier peint à motifs ou des objets brillants. Augmentez la lumière pour limiter les zones d'ombre tout en évitant l'éblouissement et enlevez ou recouvrez les miroirs si ils posent problème. Par ailleurs, les films violent peuvent contribuer à alimenter le sentiment de paranoia chez le malade atteint de la maladie d'Alzheimer (faites en sorte que le patient évite de regarder des programmes au contenu violent ou dérangeant).
En cas d'hallucination chez un malade d'Alzheimer, ne discutez avec lui de ce qui est réel ou de ce qui ne l'est pas. Discutez plutôt de ce qu'il ressent face à ce qu'il pense voir. Répondez aux éléments émotionnels que vous pouvez percevoir chez le malade plutôt qu'au contenu factuel de ce qu'il vous raconte.
Gérer les troubles du sommeil chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer
Les maladies du cerveau comme la maladie d'Alzheimer modifient souvent le cycle du sommeil. Les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer peuvent souffrir d'insomnie et de troubles de l'orientation. La fatigue accumulée de la journée peut augmenter l'agitation, la confusion et le sentiment d'insécurité lorsque la nuit tombe. Certains malades d'Alzheimer peuvent aussi avoir peur du noir à cause du manque de repères familiers pendant la nuit et peuvent alors se mettre à rechercher quelqu'un ou quelque chose qui va les protéger pour réduire inconfort.
Voici quelques conseils pour réduire l'agitation pendant la nuit chez les malades d'Alzheimer.
Améliorer la qualité du sommeil
Les activités physiques aident à ce que le patient se sente plus fatigué au moment de se coucher. Marchez avec le patient pendant la journée: si la personne semble très fatiguée en journée, donnez lui un moment pour se reposer pendant l'après-midi. Cela peut améliorer sa qualité de sommeil, mais ne les laissez pas se reposer trop longtemps afin de ne pas empiéter sur le sommeil du soir. Limitez également sa dose de café. Enfin, organisez des heures de lever et de coucher qui soient régulières.
Créer une atmosphère propice au sommeil
Donnez un bain chaud au patient avant le coucher ainsi qu'un lit confortable. Réduisez également le bruit et la lumière pour l'aider se mettre dans l'ambiance du coucher. Faites en sorte que le patient aille aux toilettes avant de se mettre au lit (aller à la salle de bain pendant la nuit peut suffisamment réveiller le malade pour qu'il n'ait plus envie de retourner se coucher).
Problèmes de nutrition chez les malades d'Alzheimer
| Gérer le refus de s'alimenter d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer | |
| Inciter à faire du sport et de l'exercice | Le sport et l'exercices ouvrent l'appétit. Plus une personne a faim, plus il est probable qu'elle se mette à manger |
| Surveiller la prise de médicaments | Certains médicaments peuvent couper l'appétit. Renseignez-vous sur les effets secondaires des médicaments que le patient prend pour soigner son Alzheimer. Discutez-en avec le médecin. Assurez-vous que la personne boit suffisamment avec sa nourriture, car la sensation de bouche sèche est un effet secondaire de certains médicaments |
| Faire du repas un moment de plaisir |
Evitez les aliments qui peuvent être trop chauds ou trop froids car ils peuvent déplaire au patient. |
| Surveiller la déglutition | La mastication et la déglutation peuvent devenir de plus en plus difficiles au fur et à mesure de la progression de la maladie d'Alzheimer. Si nécessaire, dites au malade quand mastiquer et quand avaler afin d'éviter qu'il ne s'étouffe. Dans les derniers stades de la maladie d'Alzheimer, le patient ne peut plus avaler la nourriture et risque de s'étouffer. Le moment venu, commencez à l'alimenter avec des aliments liquides (purée) |
Lors du stade terminal de la maladie d'Alzheimer, comme dans toutes les phases terminales de maladies, l'organisme du patient s'éteint petit à petit et le manque d'appétit devient alors inévitable.
